Reflet Biaisé

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« Une réflexion sur le rapport à la beauté et un questionnement sur son opposition à l’intelligence »

Tout le long de mon parcours de ma vie je me suis très souvent entendu dire: « tu es belle ». Mais cette phrase qui devait être reçue comme un compliment a toujours été source de malaise pour moi. Les raisons sont nombreuses.

Je me suis souvent demandé pourquoi tout mon être rejetait ce compliment ? Pourquoi me sentais-je si souvent mal à l’aise à son évocation ? Pourquoi me sentais-je si souvent le besoin de le contrecarrer par mon intelligence pour prouver que je n’étais pas qu’une « belle coquille vide » ? Pourquoi être belle est si souvent opposé à être intelligente. Pourquoi être les deux ne sonne jamais comme une évidence?

« Every story I create creates me. I write to create myself » Diane Audrey Ngako

Faire un voyage dans mon passé par l’écriture a été plus que thérapeutique et m’a aidé à comprendre les raisons de mon rapport à la beauté et à l’intelligence.

Aujourd’hui je partage avec vous ce long et douloureux cheminement vers un rapport plus sain avec la manière de me représentée à moi-même. Belle intelligente je peux être les deux. Je suis les deux.

 

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Comparaison nocive

alone-backlit-bench-1280162« Je ne souhaite à personne de cohabiter, dès l’enfance avec la beauté. Entrevue rarement la beauté illumine le monde. Côtoyée au quotidien, elle blesse, brûle et crée des plaies qui ne cicatrisent jamais »

L’origine de ce malaise remonte à mon enfance, dès mes tous premiers rapports avec la phrase « tu es belle ». On me le disait beaucoup. Je me l’entendais si souvent dire que cela sonnait comme un deuxième prénom. Je n’étais plus seulement Diane, j’étais devenue la belle Diane. Mais cela aurait été d’avantage perçu comme quelque chose de positif si cela n’avait pas été en opposition ou en comparaison avec mes quatre sœurs.

Mes parents ont eu cinq filles, toutes aussi belles les unes que les autres. Mais je ne sais pour quelles raisons, les adultes et les adolescents de mon entourage trouvaient judicieux de nous comparer, de nous mettre en compétition, de déterminer qui de nous était la meilleure sur telle ou telle autre plan. Et moi, j’étais la plus belle fille de Monsieur Epoupa.

Je trouvais lourd et désagréable de devoir porter ce label qui me mettait mal à l’aise vis à vis de mes sœurs et qui risquait à chaque fois qu’on l’utilisait de fragiliser l’équilibre et les valeurs que mes parents s’évertuaient tant à nous inculquer. Mes parents insistaient beaucoup sur l’importance d’être unies et solidaires entre nous. Ces valeurs étaient tellement importantes qu’ils veillaient à l’égalité pour tout et sur tout ce qu’ils nous donnaient : argent, repas, cadeaux, récompense et même la manière de nous punir était la même. Ma mère, couturière, nous confectionnait des vêtements identiques. Nous étions chacune à son tour choyée et récompensée de la manière la plus équitable possible.

M’entendre dire : « Tu es plus belle que… » Impliquait l’idée de compétition avec mes sœurs alors que mes parents nous enseignaient le contraire.

M’entendre dire : « Tu es plus belle que… » Impliquait l’idée de compétition avec mes sœurs alors que mes parents nous enseignaient le contraire. Malgré leurs efforts, il y a eu des tensions tues entre mes sœurs et moi causées par l’attention que je recevais. Je me sentais donc seule. Je me recroquevillais dans mon journal intime à l’écart de tout et de ce que je percevais comme un cercle sororal dont je ne faisais pas partie. J’imagine que mes sœurs pensaient que je recevais déjà suffisamment d’amour pour moi toute seule. Et que je n’avais pas besoin du leur en plus. Enfin je ne sais pas, je ne sais plus…

Ces tensions ont heureusement été résolues une fois passée l’adolescence. Nous sommes devenues un bloc soudé. Si le divorce de mes parents a eu un coté positif, c’est bien de nous avoir outillé pour compter les unes sur les autres et pour nous soutenir mutuellement.

Je voulais passer inaperçue, éloigner toute cette attention que je recevais sans la vouloir et sans la demander mais je n’en avais pas le pouvoir…

C’est pour cette raison que durant toute mon enfance, mon rapport à mon physique était conflictuel. Je voulais l’effacer, effacer ce visage, cette apparence qui créait une distance avec mon plus précieux cadeaux : mes sœurs. Je l’ai porté comme un poids, quelque chose dont je voulais me débarrasser. Je voulais passer inaperçue, éloigner toute cette attention que je recevais sans la vouloir et sans la demander mais je n’en avais pas le pouvoir…

 

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La beauté, une arme et un  fardeau

arms-background-bang-1076813« Le plus lourd fardeau c’est d’exister sans vivre », Victor Hugo

A l’adolescence, mon rapport à la beauté a évolué différemment. J’ai pris conscience que mon physique pouvait être une source de pouvoir lorsque je suis tombée follement amoureuse de ce garçon que toutes les filles du collège convoitaient. Le genre de beau garçon au teint clair, toujours bien habillé. Celui qui portait toujours la dernière sortie de baskets Jordan. Le basketteur super populaire qui passait ses vacances en Europe et qui “whitisait” (parler comme un white, perçu comme un signe de richesse et de “bonne éducation”).

Une part de moi était aux anges et l’autre mortifiée car mes relations avec les autres filles sont devenues difficiles et je faisais une sorte de transfert d’un malaise qui existait déjà depuis mon enfance.

Avant de le rencontrer, j’étais un garçon manqué, je montais sur les arbres pour cueillir des mangues et je jouais à la guerre avec les garçons. Je le faisais inconsciemment pour me défaire de cette image de jolie petite fille. Au collège, j’étais par contre cette fille ordinaire qui voulait se faire accepter des autres filles et être simplement perçue comme une bonne amie. Mais j’ai très vite compris que pour attirer l’attention de ce garçon sur moi, parmi toutes ces filles qui le convoitaient, il me fallait d’avantage jouer sur mes atouts physiques. Ce que j’ai fait, et ça a marché. Il est devenu mon copain. Une part de moi était aux anges et l’autre mortifiée car mes relations avec les autres filles sont devenues difficiles et je faisais une sorte de transfert d’un malaise qui existait déjà depuis mon enfance.

Mes parents m’ont envoyé à l’université de Buea. Pour remplir les conditions d’admission, j’ai suivi des cours intensifs d’anglais offerts à l’université. J’y ai retrouvé ma cousine qui très sociable avait formé avec d’autres filles un groupe que j’ai intégré tout naturellement.

Faire partie officiellement d’un groupe de fille était quelque chose de nouveau pour moi qui préfère les relations « un-à-un ». Je trouve qu’elles offrent une meilleure opportunité  de connaître, de comprendre et d’accepter l’autre dans sa complexité, loin de l’image projetée à distance ou de l’influence qu’on voit naître dans les dynamiques de groupe.

Une des membres du groupe m’avait confiée à mon arrivée qu’en entendant parler de moi, et en me voyant pour la première fois, elle m’avait qualifié de « Douala spéciale ! », ce qui veut dire, une fille de Douala qui se prend pour une star. Encore une étiquette qui me collait à la peau. C’était à m’en arracher les cheveux ! Ce rappel a réveillé une peur déjà présente en moi et cette obsession maladive d’éviter à tout prix les conflits et rivalités si mal que je finissais souvent par en créer.

Je marchais en permanence sur des œufs et faisant tout pour devenir l’image de la copine parfaite. Lorsque nous devions faire une sortie entre copines par exemple, je voulais absolument maquiller tout le monde. Je tenais à proposer le parfait accessoire, prendre le temps pour les essayages et trouver, si j’en avais l’opportunité, la parfaite tenue à chacune de mes copines. Je jouais à la styliste. Je faisais des compliments. Il y avait assez de place pour que tout le monde puisse briller. Et à force, je suis aussi devenue cette dénicheuse de vêtements et accessoires de mode au marché aux puces. Les prémices sans doute à ce métier de styliste- designer que je fais aujourd’hui.

Même si quelques fois je suis trouvais lourd et difficile les interactions de groupe j’ai apprécier ces moments de partage et de communion entre filles.

 

***

Déchirure Intérieure

break-up-breakup-broken-14303.jpg                 « Tant que vous n’aurez pas rendu l’inconscient conscient, il dirigera votre vie et vous appelerez cela le destin » Carl Jung

Partie de l’université, suite logique, mes toutes premières expériences professionnelles étaient dans ces métiers pour lesquels l’apparence physique jouait un grand rôle. J’ai été mannequin pendant près d’un an, et ensuite j’ai travaillé à l’aéroport comme hôtesse dans les salons VIP Air France et MTN. C’étaient essentiellement des milieux de femmes…

J’étais ennuyeuse car je ne montrais pas beaucoup de personnalité trop occupée à m’amoindrir pour être acceptée.

Forte de mon expérience universitaire, je me disais à tort, capable d’evoluer dans un environnement féminin sans trop de problème. Mon arme fatale, ma gentillesse était souvent perçue comme « fake ». J’étais ennuyeuse car je ne montrais pas beaucoup de personnalité trop occupée à m’amoindrir pour être acceptée. Le regard que portait sur moi la gente masculine n’a pas aidé. Je plaisais aux hommes et je le savais, mais contrairement au collège où c’était fait exprès pour attirer l’attention de mon copain, ici, au travail, je n’en voulais pas. Je me sentais prisonnière de ce physique qui me causait tant de désagréments. Mon malaise était profond. C’était devenu une évidence qu’à leur yeux je n’étais intéressante que pour mon physique. Je m’étais devenue insupportable. Je voulais, je pouvais être tellement plus que ca.

C’est mon copain de l’époque qui m’a porté le coup de massue. Cet homme pour lequel l’expression « aimer à en perdre la raison » avait pris tout son sens et avec qui j’entretenais une relation toxique, m’a craché à la figure qu’il me laissait pour une femme « elle au moins intelligente » en soulignant combien j’étais insignifiante.

Dégoûtée de tout et de qui j’étais, j’ai décide de m’écarté des métiers qui mettaient l’accent sur mon physique, de me défaire de ce physique qui m’enfermait dans une perception singulière et chosifiante de ce que j’avais à offrir. Je me redéfinissais.

J’ai intégré cette institution de la Banque Mondiale. J’ai repris mes études… J’ai obtenu mon master avec une mention bien. Plus tard, j’ai travaillé dans un cabinet de conseil en stratégie me prouvant à moi-même ma capacité d’analyse et mes aptitudes intellectuelles. Je me suis construite une image donc j’étais fière… pensant remédier à la perception des autres.

Mais ces changements n’avaient pas transformé la nature de mes interactions avec la plupart des hommes. Par exemple, lorsque nous accueillions les employés (hommes) d’autres bureaux, un de mes collègues qui occupait exactement la même fonction administrative que moi recevait toutes les requêtes liées au travail (traductions, organisations, logistiques, recherche etc.) et toutes celles liées au plaisir (sorties, prendre un verre, visiter la ville etc.) m’étaient dirigées.

J’étais allée à cette retraite professionnelle, une occasion pour moi de me faire connaître de mes collègues et de développer de bonnes relations avec les preneurs de décision, et là encore on ne s’est souvenu de moi que comme la jolie fille. Quelle déception!

J’étais devenue amère, rigide, cassante. Tous ceux qui osaient faire des réflexions sur mon physique en prenaient pour leur compte.

J’étais devenue amère, rigide, cassante. Tous ceux qui osaient faire des réflexions sur mon physique en prenaient pour leur compte. Tout au long d’une reunion un consultant de passage au bureau n’avait pas cessé de me guetter d’une manière qu’il pensait discrète. Une fois la reunion terminée,je me dirigeais vers la cuisine une fois la réunion terminée, je l’ai senti me suivre. Il m’a abordé d’une façon totalement respectueuse, les deux mains fermées, comme pour signaler qu’il marchait sur un terrain sensible et qu’il ne voulait être mal interprété. Il m’a dit qu’il n’avait jamais vu une femme aussi belle que moi. Qu’il tenait juste à me le dire. Et moi les yeux froncés, je lui ai lancé un regard noir, je n’ai pas dit merci, il est parti sans jamais se retourner.

Une autre fois, un collègue avait tenu à me faire savoir que je n’étais pas aussi belle que d’habitude, parce que j’avais porté une tenue qui apparemment n’était pas à son goût. Je lui ai répondu très durement qu’il devait garder ce genre de réflexion pour son épouse. Que je ne venais pas au bureau lui offrir un défilé de mode privé. Il en est devenu rouge de honte et s’est profondément excusé. Il l’avait mérité! Et le malaise devait changer de camp!

comment percevoir une chose qui me faisait tant souffrir comme une grâce?

Un ami, fin psychologue et charrieur professionnel me répétait sans cesse que j’aurais beau obtenir le meilleur diplôme d’Harvard, cela ne changera en rien ce que les gens voient. J’étais belle et il fallait bien finir par l’accepter. C’est une grâce de Dieu. Ce que les gens pensaient de moi n’était pas ce qui comptait mais qui je suis au fond. Mais comment percevoir une chose qui me faisait tant souffrir comme une grâce?

 

***

Se perdre pour se trouver

adult-adventure-background-220147« Un pas de plus pour se perdre et l’on se trouve », Francis Ponge

Pendant que tout le monde avait décidé pour moi que j’étais belle, personnellement je ne me trouvais pas belle. Je me trouvais correcte. Pas laide, juste correcte, moyenne quoi ! Quelle ironie! Je trouvais en fait certaines des femmes qui me disaient belles, tellement plus belles que moi, et encore plus belle lorsque je leur ajoutais leur assurance et leur beauté intérieure. Mes propres critères de beauté ne me faisaient pas me considérer belle femme. J’étais maladivement complexée par ma petite poitrine. Ma grande taille et ma maigreur, sujet à moquerie dans mon enfance et source d’insécurités à l’âge adulte. Je ne voyais pas en mes traits fins, mes yeux en amandes, mes longues jambes, ma jolie peau noire un atout de beauté, trop occupée à me convaincre que je ne devais pas l’être.

J’étais "moche" pour de vrai… cette fois.

Mais voila, la crise qui a suivi ma deuxième grossesse a changé ma perception des choses. Un beau matin, après la naissance de ma fille, je me suis surprise à regarder longuement mon reflet dans un miroir. Je ne reconnaissais en rien cette personne en face de moi. J’avais pris 20 kg. J’avais un si gros ventre qu’on me demandait souvent qu’elle était la date prévue pour mon accouchement alors que j’avais accouché il y avait déjà plusieurs mois. Mon masque de grossesse avait mis du temps à s’en aller. Et avec deux enfants à bas âge, je n’avais pas le temps de prendre soin de moi. J’avais arrêté d’aller au sport. Je prenais mes douches à la va vite. Je faisais des shampoings rarement alors que les cheveux afro naturels demandaient tellement d’attention. J’avais l’air toujours négligée. Mon visage, mes cheveux, mes ongles, mon corps, criaient au scandale! J’étais souvent fatiguée, souvent cernée des yeux. J’étais « moche » pour de vrai… cette fois.

Après quelques mois la tête hors de l’eau, j’ai recommencé progressivement à prendre soin de moi, faire du sport, manger « sainement ». Mais après deux grossesses, retrouver un corps avec lequel je me sentais bien , n’était pas si simple quand deux petits êtres comptaient sur moi en permanence.

C’était un « moment d’enseignement » pour ces choses qu’on prend si souvent pour acquises ou qu’on ne sait pas apprécier à leur juste valeur.

Un jour, alors que je regardais mes photos de quelques années plus tôt, j’ai fondu en larmes car pour la première fois de toute ma vie, à plus de 30 ans, je pouvais regarder en arrière, me voir et m’apprécier exactement pour ce que j’avais été toutes ces années. J’ai été cette belle femme que j’avais toujours reniée. J’ai été cette personne que je n’avais pas su apprécier que j’ai passé toutes ces années à torturer. J’ai été un jour cette femme qui me manquait énormément à ce moment où ma confiance en moi était au plus bas. Et aujourd’hui je voulais tellement m’entendre si souvent dire que j’étais belle.

C’était un « moment d’enseignement » pour ces choses qu’on prend si souvent pour acquises ou qu’on ne sait pas apprécier à leur juste valeur. Quelle ironie cette vie ! Et quel cheminement pour se trouver et s’accepter…

 

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Réflexion sur l’Avenir

4k-wallpaper-abstract-aluminum-210158.jpg                « Chaque génération en grande partie crée ou résout les problemes des generations futures « , Georges R. Stewart

Enfant, j’étais cette petite fille brillante, curieuse, intéressante. J’avais de très bonnes notes à l’école. Mes instituteurs ont dû me faire avancer en classe tellement mon niveau était supérieur à la moyenne. Je faisais la fierté de mon père qui m’imaginait à l’âge adulte parcourir le monde pour donner des conférences et instruire les autres. J’obtenais des bonnes notes sans faire trop d’effort. « J’étais » intelligente…

Lorsqu’il a fallu m’investir davantage, faire des efforts sur mon travail scolaire au fur et à mesure qu’on avançait en complexité dans l’apprentissage, je n’ai pas trouvé l’impulsion ni l’intérêt de me surpasser tant l’accent était mis sur mon apparence. Ma personnalité et mon caractère à l’adolescence se sont donc forgés dans cet environnement où l’apparence physique faisait poids sur mon essence propre et ma capacité à m’accomplir intellectuellement.

Aujourd’hui, on se demande pourquoi tant de jeunes filles sont passées à coté, de leur essence et de leur véritable potentiel pour se limiter à cette image super policée de la femme qui doit se faire belle et se taire. Cela m’interpelle sur les manières dont nos sociétés affectent l’image qu’ont les jeunes filles d’elles-mêmes. Je m’interroge également les consequences de cette comparaison nocive et permanente des femmes dès le jeune âge sur la construction de leurs personnalités, et de leurs relations avec d’autres femmes.

Paradoxalement, j’ai fait lire le premier brouillon de ce texte à une amie qui m’a confiée qu’elle aussi souffrait de ce rapport conflictuel avec la beauté mais que cela s’est opéré dans l’autre sens. Durant toute son enfance, à l’inverse de moi, si elle se faisait quelques rares fois dire qu’elle était belle, l’accent était mis sur ses facultés intellectuelles. Et qu’est ce qu’elle est intelligente! Elle était cette fille qui à l’université me faisait lever les yeux d’énervement vers le ciel, lorsqu’elle se lamentait sur une note B+ qu’elle a obtenue alors que selon elle, elle méritait un A. Elle avait toujours les meilleures notes et moi à coté d’elle, je me contentais d’un copieux C.

« À partir de ce jour, je n’ai plus jamais cru en ce compliment. Peu importe la personne qui me disait que j’étais belle, je n’y croyais plus ».

Mais mon amie qui est tellement belle, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, ne se voit pas comme tel depuis un échange avec son père. Un jour son oncle l’a complimenté sur son apparence physique. La voyant sourire, son père lui a dit sèchement qu’elle gagnerait a vouloir qu’on la complimente sur son intelligence plutôt que sur sa beauté. Et elle m’a dit en ces propres mots : « À partir de ce jour, je n’ai plus jamais cru en ce compliment. Peu importe la personne qui me disait que j’étais belle, je n’y croyais plus ».

Ahhhh ! Beauté, intelligence, pourquoi faut-il tant que l’un s’oppose à l’autre ? Pourquoi ne peut-on pas être les deux. Pourquoi cette systématique supposition que ce n’est pas possible ? Pourquoi les belles femmes doivent-elles ressentir le besoin de prouver qu’elles peuvent être autre chose ? Il n’y a qu’à parcourir les réseaux sociaux pour voir tous ces hashtags du type « beauty and brain » etc.

Et pourquoi cela ne s’applique qu’à nos filles. Pourquoi toute cette pression sur nos filles et pas sur nos garçons ? Un beau jeune homme est célébré. Un jeune homme « beau » et intelligent est mis sur un piédestal. Il n’est pas mal à l’aise lorsqu’il rentre dans un bureau parce qu’il a peur de ne pas être crédible aux yeux des femmes. On ne demande pas aux garçons de choisir entre la beauté et l’intelligence, ils peuvent être les deux alors pourquoi pas nos filles ?

Je dis souvent à ma fille qu’elle est belle, pas plus belle qu'une autre, pas la plus belle, juste belle. C’est important qu’elle le sache et qu’elle l’entende de nous ses parents

Il est temps de questionner ce statu quo et de penser à l’avenir que nous préparons pour nos filles, pour la future génération de femmes à qui nous ne devons pas transmettre nos insécurités.

Je dis souvent à ma fille qu’elle est belle, pas plus belle qu’une autre, pas la plus belle, juste belle. C’est important qu’elle le sache et qu’elle l’entende de nous ses parents. Je m’assurer que ce soit bien ancré en elle de manière positive et qu’elle ne ressente pas le besoin d’aller chercher cette validation ailleurs. Je veux qu’elle sache qu’être belle n’est pas une mauvaise chose. Je m’assure aussi de complimenter toutes ses autres qualités intellectuelle et humaine. Ma fille est aussi intelligente, tous les enfants le sont. Je lui dis qu’elle est une belle personne, qu’elle est généreuse qu’elle est brave, forte, que je suis fière d’elle. Je veux m’assurer qu’elle ne passe pas à coté de son essence et de son potentiel et qu’elle ne se limite pas à une définition singulière d’elle même.

Et vous quelle est votre relation avec le miroir? Qu’entrevoyez-vous de votre propre reflet et comment aidez-vous les enfants qui vous entourent à avoir une relation apaisée avec leur image?

6 commentaires sur “Reflet Biaisé

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      1. Non au contraire, parler de soi ça fait du bien parfois. (surtout quand on fait passer les autres avant )…
        Je suis comme toi, les compliments j’ai des difficultés à les accepter.😊

        Aimé par 1 personne

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