Il est de nous, quelques-uns, qui refusent d’effacer ces émotions qu’on appelle, à tort, « négatives ».
Elles sont les traces de nos passages, les témoins silencieux de ce qui a vibré.
Certains inconforts se lèvent en nous pour nous rappeler que nous avons aimé, perdu, espéré. Et cela, c’est beau. C’est vivant.
Depuis longtemps déjà, j’ai cessé de trier mes émotions en bien ou en mal.
Je les accueille toutes, comme on ouvre les bras à une vieille amie qu’on n’attendait plus.
Je n’ai plus peur d’être traversée par la tristesse, la frustration, la jalousie, la colère ou la mélancolie. Je les laisse s’asseoir en moi, murmurer ce qu’elles ont à dire, me teinter de leur passage.
Tant de fois, des mains tremblantes d’amour, on a voulu me soulager, on a tenté d’effacer ma peine.
Mais il m’a fallu leur dire : je vis bien avec tout cela. Ce ne sont pas des fardeaux, ce sont des preuves que je suis encore là, entière, vivante.
Je ne m’ouvre pas qu’à la lumière, je m’ouvre à tout.
Je me laisse sentir, pleinement. Je me laisse traverser, humblement.
Et dans ce mouvement, dans cette vulnérable danse avec la vie, il y a une beauté que peut-être tu ne vois pas encore… mais qui, un jour, je l’espère, te touchera aussi.


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